Ymadea ~ Photos, voyages, souvenirs et petits guides

Immortalité, empirisme et éclectisme2

Pourquoi prendre des photos ? Quelle est ma démarche personnelle, pourquoi s’obstiner à tout (ou presque) immortaliser, en toutes circonstances ? En ce qui me concerne, je considère ce phénomène comme une maladie, une joyeuse maladie, certes, mais que l’on ne peut combattre, car c’est comme ça, un besoin irrépressible de garder des traces de choses importantes, ou moins importantes, même parfois des choses pouvant être considérées comme futiles. Ayant toujours était attirée par l’image et la chose visuelle en général, j’ai délaissé le dessin, longtemps (et mal) pratiqué, pour la photo, suite à un traumatisme qui me donne encore parfois des cauchemars. Si je parle de traumatisme (oui, le mot est fort !), c’est que mon rêve récurrent le plus effrayant/angoissant/terrifiant est lorsque je m’apprête à prendre une scène ou un sujet extraordinaire, et que mon appareil photo tombe définitivement, irrémédiablement, en panne. Cela en dit long…

1e voyage, 1re leçon

Un voyage en Italie au collège, le premier de ma vie en dehors de France et de l’Espagne voisine, a été le déclic. Sans appareil photo et sans amis assez proches pour garder des photos par la suite, il ne me reste pas la moindre trace de ce voyage à Naples. Émerveillement du séjour, puis stupeur et frustration au retour. Depuis, garder des traces est un impératif. Ajoutons à cela la dimension artistique, esthétique et émotionnelle, il ne m’en fallait pas plus pour abandonner naturellement le dessin, trop insatisfaisant et limité pour moi.
Grâce à mon amie Corinne, de Vie Nomade, j’ai tout de même de quoi illustrer mon propos :)

Grâce à mon amie Corinne, de Vie Nomade, j'ai tout de même de quoi illustrer mon propos :) © Corinne Stoppelli / Vie nomade 2013

Naples vue par  Corinne Stoppelli © Vie nomade 2013

Dispersion & éparpillement

Revers de la médaille (ou pas), la frustration traumatique qui a résulté de ce voyage m’empêche de prendre partie et de me concentrer sur une démarche en particulier. Ainsi, je m’éparpille joyeusement, dans un état d’émerveillement constant, saisissant l’occasion, quel que soit le contexte et l’environnement. Autodidacte, ma façon de faire est totalement empirique, favorisée par la diversité des opportunités, il suffit de garder l’œil et l’esprit ouverts. S’il existe des photographes animaliers, de voyage ou urbains, des photographes de reportage ou axés sur le portrait, voire sur l’abstrait et le conceptuel, pour ma part je n’ai toujours pas tranché. Ma motivation n’est pas le fruit d’une longue réflexion impliquant métaphysique et intellectualisation outrancière, ou d’une démarche artistique particulière, elle laisse place aux occasions qui se présentent, ma seule envie (ou besoin ?) étant de garder des traces et de mettre en valeur ces traces, ces souvenirs de moments furtifs, déjà passés. La dimension créative intervient alors, tout aussi exaltante pour moi que la prise de vue. Magnifier la sensation du moment, de l’instant capté par l’appareil, revient à montrer le monde tel qu’on l’a perçu, et qu’on voudrait qu’il soit vu et ressenti, à sa juste valeur, et d’en « extraire la substantifique moelle », comme dirait l’autre.

Touche à tout experte en rien

Je refuse donc de me limiter à un domaine particulier, car je me retrouve dans presque tous, me consacrer à un seul univers reviendrait à rendre exhaustif ce qui ne peut pas l’être. Je ne veux pas de limites, pas d’étiquette, je veux pouvoir un jour faire toute une série sur un banal coucher de soleil, et un autre faire une série de portraits en concert, ou faire la touriste en rendant compte d’une visite dans une ville dont je veux me souvenir sous tous les angles, ou d’une randonnée en raquettes qui a failli me tuer. Tout m’intéresse, tout est susceptible de mériter de passer par mon objectif, du plus petit au plus grand, de la bestiole dans le jardin d’une amie à l’immensité d’un paysage. Je veux pouvoir continuer à expérimenter et à progresser sans restreindre les thématiques ou les genres.

 

La photographie reste pour moi un espace de liberté totale, sans limites, où tout peut être sujet à émerveillement et expérimentations.

 

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À propos de Carole

Lectrice, photomaniaque, écriveuse, blogueuse, touche à tout, experte en rien, amie des bêtes. Miaou.

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2 replies to Immortalité, empirisme et éclectisme

  1. valeriane dit:

    C’est une jolie passion quand même :-)

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